L’annonce du passage de la délégation pour le kitesurf de la FFVL à la FFVoile a fait l’effet d’une bombe avant-hier ! Pour kitenews.fr, Jean-Pierre Champion, président de la FFVoile, a répondu en exclusivité à nos questions concernant l’avenir du kite en France.

Interview réalisée par Nicolas Arquin le 12 janvier 2017 dans les locaux parisiens de la FFVoile

Kitenews.fr : Après 14 années de délégation à la FFVL, le ministère vient de donner à la FFVoile la délégation pour le kitesurf. Qu’est ce qui selon vous a fait cette fois changer d’avis le ministère et a fait pencher la balance vers la FFV ?

Jean-Pierre Champion : La première chose que je peux vous dire est que je n’ai toujours pas compris pourquoi cela avait penché dans l’autre sens, il y a 14 ans. De notre point de vue, le kiteboard a toujours été de la voile, il a toujours fait partie de la voile et s’est développé au départ grâce à des personnes issues du monde de la voile, et particulièrement du windsurf. Ceci étant, nous sommes légalistes et nous avions accepté cette délégation donnée à la FFVL. Ce qui, à mes yeux, est le facteur déclenchant (de la décision en faveur de la FFVoile, ndlr) c’est l’organisation internationale du sport. Le CIO a attribué depuis longtemps, de manière claire, nette et définitive le kiteboard à World Sailing, donc à la Fédération Internationale de Voile. Le monde international du sport est organisé de telle sorte qu’au sein d’une Fédération Internationale, il y a une seule Fédération affiliée par pays. En l’occurrence, pour la voile, la Fédération Française de Voile depuis 1946. Tout cela n’a donc rien de nouveau et ne devrait avoir, au demeurant, rien de conflictuel.

Les portes sont grandes ouvertes, nous accueillerons avec le plus grand plaisir tout le monde

Depuis quelques années, World Sailing ne peut pas avoir deux interlocuteurs sur le sol français. D’où cette ambiguïté que la FFVoile ne pouvait sélectionner et inscrire les kiteboardeurs aux compétitions internationales, les grandes épreuves internationales ne pouvaient avoir lieu en France et les coureurs français ne pouvaient participer aux compétitions internationales de World Sailing, notamment les Jeux Olympiques de la Jeunesse 2018. Cela nous mettait, il faut le reconnaître, dans une difficulté majeure, de manière tout à fait objective. Voici les faits de l’organisation internationale du sport, totalement indépendante de la FFVL et de la FFVoile. Le but n’est donc pas de dire qu’untel travaille bien et untel travaille mal..

Kitenews.fr : J’ai lu sur le site de la FFVoile qu’un groupe de travail kitesurf est à l’œuvre dès à présent, sous l’égide du DTN Jacques Cathelineau. Peut-on connaître les missions et objectifs et de ce groupe ?

Jean-Pierre Champion : Effectivement, nous nous étions préparés à l’éventualité de cette décision, et commencé à réunir un groupe de travail. Nous souhaitons être le plus ouvert possible sur cette pratique du kite. Nous sommes contents que cette pratique revienne dans ce que nous estimons être sa maison d’origine. Les portes sont grandes ouvertes, nous accueillerons avec le plus grand plaisir tout le monde, que ce soit les compétiteurs, les organisateurs, les clubs, tous ceux qui souhaiteront nous rencontrer.

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wind et kite

wind et kite

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Kitenews.fr : Je suppose que les pratiquants de kite qui ne sont pas sur l’eau, comme en landkite et snowkite, resteront gérés par la FFVL ?

Jean-Pierre Champion : Absolument, en tout cas pas par nous. Il n’y aucune raison que l’on aille s’intéresser à du kite qui n’est pas sur l’eau, ce n’est pas de la voile.

Kitenews.fr : Vous évoquiez tout à l’heure les compétiteurs. Pour participer aux compétitions, les riders vont donc devoir prendre une licence à la FFVoile. Est-ce que le pratiquant lambda doit aussi prendre une licence FFVoile, ou la licence FFVL fonctionnera encore en 2017 ?

Jean-Pierre Champion : Nous pouvons peut-être faire un point juridique avec Bernard David, le Directeur Juridique de la Fédération.

Bernard David : Les pratiquants désireux de faire de la compétition vont donc prendre une licence de la FFVoile, dans un club de la FFVoile. Les licences FFVL ne permettront pas de participer aux compétitions inscrites au calendrier de la FFVoile. Le kiteboarder s’inscrivant dans un club de la FFVoile se verra délivrer, conformément aux statuts, une licence de la FFVoile et il pratiquera avec cette licence. Etant entendu que les garanties d’assurance qui sont contenues dans la licence d’assurance de la FFVoile incluaient d’ores et déjà le kiteboard en pratique libre et en encadrement. Nous avions prévu une garantie automatique pour le kiteboard en compétition au cas où la délégation nous serait accordée. Aujourd’hui, tout est donc complètement prêt pour que les pratiquants et les compétiteurs de kiteboard prennent une licence au sein de la Fédération Française de Voile. Le pratiquant loisir aura donc automatiquement une licence à partir du moment où il sera membre d’un club de la Fédération. Ensuite, ceux qui souhaitent conserver une licence FFVL sont tout à fait libres de la garder.

Jean-Pierre Champion : Il faut maintenant que ces pratiquants regardent quelles sont les garanties. Là encore, sans aucun esprit de compétition, je pense que nous avons de très bonnes garanties d’assurance dans notre contrat, qui s’appliqueront dès aujourd’hui aux pratiquants du kiteboard. Tant en responsabilité civile qu’en garantie individuelle accident, avec notamment une garantie des grosses invalidités à hauteur d’un million d’euros, que nous ne sommes que quelques Fédérations à proposer. Je n’ai pas encore regardé les détails des tarifs des licences FFVL à ce jour, il y aura sans doute une comparaison à faire pour le pratiquant. Sincèrement, je pense que pour tous les pratiquants de la voile, et donc y compris du kite, nous offrons de très bonnes garanties…

Kitenews.fr : Les clubs de kite existants vont-ils devoir intégrer les clubs FFVoile proches géographiquement ou pourront-ils s’affilier à la FFVoile ?

Jean-Pierre Champion : Ils peuvent s’affilier à la FFVoile tout à fait normalement, y compris lorsqu’il s’agit d’individuels qui travaillent en tant que professionnels libéraux. Nous avons un système que nous avons mis en place pour les coachs plaisance, leur permettant d’être intégrés à la Fédération en tant que libéraux. Nous avons des dispositions déjà prêtes pour accueillir les professionnels du kite, d’une manière ou d’une autre, et leur délivrer les garanties d’assurance attachées aux personnes morales affiliées à la Fédération Française de Voile. Tout sera complètement ouvert, sans contrainte. Les différentes possibilités leur seront exposées et nous leur laisserons le choix.

Kitenews.fr : Qu’avez-vous prévu en terme de communication et d’information liée au kitesurf ?

Jean-Pierre Champion : Cela ne fait que 24 heures que nous avons l’information officielle, c’est donc un peu court pour que nous ayons réfléchi à tout cela dans le détail. Ce qu’il y a de certain, c’est que le kite prend d’ores et déjà sa place au sein de la Fédération Française de Voile, comme n’importe quel autre support, que ce soit la planche à voile, le funboard, le 420, les classes olympiques… Les bateaux du Vendée Globe font aussi partie de notre Fédération et bénéficient, quelque soient leur taille et leur parcours, des garanties d’assurance. Nous nous adapterons au fur et à mesure. Evidemment, la communication de la Fédération Française de Voile englobe toute la voile, et dans la voile on retrouve depuis aujourd’hui le kite, et nous en sommes très heureux. Le kite est d’ailleurs l’un des développements modernes de la voile, il plaît beaucoup aux jeunes, c’est bien pour cela que nous étions embêtés de ne pas pouvoir le gérer, alors qu’il était « de chez nous » (sic). Nombre de nos licenciés ont d’ailleurs la double pratique.

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kitefoil et trimaran

kitefoil et trimaran

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Kitenews.fr : Que va-t-il advenir des pôles espoirs kite à Leucate et à Dunkerque ? Vont-ils fermer ?

Jean-Pierre Champion : Ecoutez, pour l’instant nous n’avons jamais eu communication du dossier kite, que ce soit du haut niveau, du PES ou du plan déposé auprès du Ministère par les différentes Fédérations. Il faut donc que nous en prenions connaissance, que nous sachions où sont ces centres, ce que l’on y fait, comment ils ont été montés… Aujourd’hui on ne le sait pas, et le Ministère ne nous donnait pas ces informations jusqu’à présent. On verra en discutant avec les jeunes de ces pôles quelles sont les solutions les plus efficaces pour eux. Mais l’idée n’est pas d’arriver et de passer en force pour fermer des endroits, en ouvrir d’autres… Ce n’est pas comme cela que nous voyons les choses. Notre volonté, c’est d’ouvrir les portes de la Fédération, que les gens viennent, qu’ils soient bien accueillis et que nous discutions ensemble des solutions les plus appropriées. Il y aura un débat avec les gens, l’idée n’est pas de fermer arbitrairement des structures, cela n’aurait pas de sens. Ce n’est en tout cas absolument pas notre intention ni notre souhait. Nous devons disposer aujourd’hui d’un système équilibré sur le plan sportif, et économiquement gérable. Nous ne savons pas encore si les moyens dont disposait le kite nous serons transférés, et ce ne sera pas la même chose s’ils ne le sont pas…

Kitenews.fr : Qu’en sera-t-il des Championnats de France de Kite en 2017 ? Avez-vous déjà programmé quelques dates ?

Jean-Pierre Champion : En ce qui concerne les championnats Espoirs, notre objectif est d’incorporer le kite dans tous les championnats (Glisse et Extrême Glisse) qui existent aujourd’hui, dés l’été 2017. On rajoutera simplement une catégorie kiteboard, en définissant les parcours avec les gens qui les gèrent aujourd’hui, s’ils veulent bien venir travailler avec nous. Ils seront évidemment les bienvenus. Il faudra ensuite créer, comme pour les autres classes, des championnats seniors. Et puis surtout, nous allons désormais ouvrir une catégorie kite à la Sailing World Cup de Hyères. Avec l’accord de World Sailing, nous entendons proposer du kite sur cette compétition dès avril 2017. Là encore, la maison est grande ouverte à ceux qui ont organisé cette compétition, afin de discuter de cela. Nous ne voulons pas le faire sans eux ni à leur place, mais ensemble.

Kitenews.fr : Les Jeux Olympiques de la Jeunesse 2018 seront donc aussi un gros objectif pour vous en kitesurf ?

Jean-Pierre Champion : Absolument ! Nous avons toujours souhaité y participer, notre objectif sera de qualifier la Nation puis de qualifier le meilleur concurrent, pour qu’il fasse le meilleur résultat possible.

Kitenews.fr : Que vont devenir les écoles de kite existantes ? Et  concernant les diplômes de moniteur, est ce que la FFVoile va mettre en place un diplôme de moniteur fédéral kite comme en voile ?

Jean-Pierre Champion : Nous en discuterons avec l’Ecole Nationale de Voile, qui s’est beaucoup occupée de kite lors des années précédentes. Il faut que l’on puisse faire un état complet du dossier, nous n’avons pas toutes les informations sur ce sujet. En ce qui concerne l’équivalent du brevet d’Etat, en tout cas le diplôme ouvrant droit à l’enseignement contre rémunération, il est encadré puisque le kite fait partie d’un environnement spécifique. Notre souhait serait, en première intention et avant d’avoir regardé davantage le dossier, d’essayer d’avoir un peu plus de gens formés. Cela permettrait d’avoir une offre plus importante liée à la pratique du kite, sur le marché national. L’objectif est de développer la pratique, le plus possible. Très sincèrement, et dans le respect des autres et du passé, je pense que disposer du réseau de la Fédération Française de Voile peut être un atout pour le développement du kite. A la condition que ce soit en addition de ce qui existe, et non en opposition. Notre souhait n’est pas du tout d’être en opposition avec qui que ce soit. Nous ferons savoir, sans doute d’ici quelque temps, comment est organisée la Fédération Française de Voile et ce qu’elle peut apporter à l’ensemble des acteurs du kite, y compris les sociétés commerciales. Le premier message que nous souhaiterions délivrer est de dire que nous sommes pour le kite, pour son développement, et que la maison est ouverte de la manière la plus sympathique qui soit.

Notre position est claire, nous souhaitons que le kite rentre aux Jeux Olympiques.

Kitenews.fr : Nous avions également une question liée aux spots. Plusieurs municipalités ont signé des accords avec la FFVL et des clubs de kite pour gérer les spots de kite. Allez vous dénoncer ces accords ou allez-vous les reprendre sous l’égide de la FFVoile ?

Jean-Pierre Champion : Notre position tend plutôt à les reprendre et se placer dans la continuité. Il faut que l’on étudie ces accords, mais si l’on trouve que ces accords sont bons (et il n’y a pas de raison de penser qu’ils soient mauvais), évidemment nous les adopterons. Vous savez, nous avons une assez longue habitude de la discussion avec les autorités publiques et maritimes, c’est notre métier de base depuis toujours. L’idée n’est donc pas de dénoncer quoi que ce soit, ou de casser des choses qui fonctionnent. Certainement pas. Et puis, il ne faudrait pas qu’il y ait un coup de frein dans la pratique,  que les kiteboardeurs se trouvent déstabilisés et qu’ils aient des difficultés à pratiquer.

Kitenews.fr : L’IKA a lancé depuis plusieurs années un processus pour que le kite soit présent aux JO. On sait maintenant qu’il n’y aura que 10 médailles en 2020, cela veut dire que pour que le kite soit olympique il faudra enlever des supports actuellement olympique. Quelle sera la position de la FFVoile à ce sujet ?

Jean-Pierre Champion : Notre position est claire, nous souhaitons que le kite rentre aux Jeux Olympiques. Lors de la dernière Assemblée Générale de World Sailing, la Fédération Française de Voile était déjà favorable à une évolution, avec l’entrée de nouveaux supports. A l’heure actuelle, il y a je crois une possibilité de « show case », c’est à dire une épreuve de démonstration, dés les Jeux Olympiques de 2020. L’IKA nous a demandé de les rejoindre (nous serons donc membres de l’IKA) afin de travailler sur cette possibilité. Cela fera l’objet d’une décision de World Sailing au cours de l’un de ses prochains conseils en 2017.

Pour être tout à fait clairs et transparents avec vous, il y a deux disciplines que nous souhaiterions voir rentrer aux Jeux Olympiques : le kite et la course au large. Cela impliquerait donc qu’il y ait un changement, que l’on estime être utile et nécessaire, dans le cadre de l’enveloppe des classes olympiques. De notre point de vue, il faut que les Jeux reflètent la pratique de la voile de notre temps. Il est anormal que la course au large ne soit pas du tout représentée, et il serait anormal que le kiteboard n’y soit pas dans le futur, en 2024, au vu de l’importance de la pratique dans le monde.

Kitenews.fr : Ce mercredi 11 janvier, lorsque nous avons communiqué sur le changement de délégation de la FFVL à la FFVoile, nous avons recueilli de nombreuses réactions assez négatives et nous voulions vous en lire quelques-unes, pour avoir votre avis. En voici une : « La FFVoile n’a pas voulu du kite en 1998 et aujourd’hui elle fait un passage en force, pour compenser la chute du nombre de licences en planche à voile » .

Jean-Pierre Champion : C’est totalement faux ! D’une part, il est faux de dire que nous n’avons pas voulu du kite en 1998, nous avons travaillé pour. Les faits sont là. Nous avons ensuite organisé à Marseille, en 2002, les Jeux Mondiaux de la Voile, avec de notre point de vue la première compétition internationale de kite en France. Elle était organisée par quelqu’un que vous devez bien connaître, Pascal Maka, qui était de la maison FF Voile, qui connaît très bien le kite et qui est un vrai organisateur de compétitions de kite. Il y avait une réelle structuration mise en place, et pour nous la question ne se posait guère de savoir si le kite allait nous être confié. A notre grande surprise, cette année là, le kite n’a pas été chez nous mais chez la FFVL. Nous sommes légalistes donc nous avons accepté, dépités, cette décision qui nous empêchait de développer la pratique. Nous avons redemandé la délégation à chaque olympiade. Dire que l’on agit dans une logique de compensation est faux, nous voulons le kite car le kite, c’est de la voile, et nous voulons le kite depuis le début !

Kitenews.fr : Autre réaction qui nous est parvenue : « Pour les JO 2016, le président de la FFVoile a descendu en flèche le kite en disant que c’était un sport dangereux incompatible avec les JO, et aujourd’hui il dit vouloir voir le kite aux JO de 2020… »

Jean-Pierre Champion : Nous n’avons pas du tout descendu en flèche le kite. En mai 2012, il y a une modification des séries olympiques, la planche à voile sortant au profit du kitesurf. Nous nous sommes battus pour que la planche à voile reste aux Jeux Olympiques. Si l’on doit avoir une modification des séries dans le futur, ce qui semble nécessaire, la planche à voile doit rester aux Jeux. Cela étant dit, on ne s’est pas battus contre le kite. On ne doit pas avoir le windsurf ou le kite aux Jeux, on doit avoir le windsurf ET le kite. Ces deux disciplines de plage sont faciles à pratiquer, dans l’air du temps et d’un coût contenu voire modéré, il est donc important qu’elles soient toutes deux aux JO. Nous avons d’ailleurs les meilleurs rapports du monde avec l’IKA, au demeurant.

Nous sommes surpris et déçus que l’on reste en l’état pour 2020, mais je ne pense pas que nous puissions reproduire cette situation dans le futur. Nous sommes obligés de nous mettre en conformité avec la modernité et la pratique de la voile actuelle, au lieu de laisser sur le bord du chemin des disciplines plébiscitées par les pratiquants. Le problème n’est pas de savoir si cela me plaît ou pas, mais si l’on est en adéquation avec notre temps. Ce que je souhaite, c’est que les Jeux reflètent la pratique de la voile dans le monde. Le kite prend une place importante, il serait à mes yeux, invraisemblable qu’il n’intègre pas le programme olympique…

Kitenews.fr : Dernière réaction recueillie : « la FFV a tué la pratique windsurf loisir, elle va faire de même avec la pratique loisir kite »…

Jean-Pierre Champion : Je ne vois pas comment on pourrait tuer la pratique loisir, ni d’ailleurs comment on l’encourage. On met des outils à disposition, c’est nous donner un grand pouvoir que de croire que l’on puisse tuer une pratique ou en faire naître une autre. Ce qui, à un moment, a fait du mal au windsurf, fut plutôt l’élitisme, la difficulté des supports et leur coût. Ce que je pense, personnellement, c’est que le loisir est plutôt passé de la planche à voile vers le kite, sans qu’il y ait une quelconque action de la Fédération qui aurait dévalorisé la pratique loisir. Aujourd’hui, on fait le maximum, avec les constructeurs, pour développer la pratique loisir, dans les clubs, tous supports confondus. On joue avec le vent, avec les vagues, on s’amuse et c’est cela que l’on met en avant depuis plusieurs années maintenant.

Kitenews.fr : Que pouvez-vous dire pour rassurer les kitesurfeurs qui estiment que le choix de la FFVoile n’est pas le bon ? 

Jean-Pierre Champion : D’une part qu’ils ont des camarades de jeu ayant une opinion complètement inverse, et qui nous ont téléphoné pour nous dire qu’ils estiment que c’est bien pour le kite de revenir dans le giron de la Fédération Française de Voile. D’autre part que très franchement, je ne vois pas aujourd’hui où seraient les inconvénients d’être gérés par la FFVoile. Par contre, j’y vois un certain nombre d’avantages et j’espère qu’ils les verront dans le futur. Je le répète, notre message est un message de totale sympathie, de respect de ce qui s’est fait, de respect de la pratique et des pratiquants. Nous devons faire un état des lieux avec tous les acteurs du kite, il y aura probablement des choses que nous souhaiterons faire évoluer et d’autres que nous conserverons en l’état. Nous allons en discuter, le débat sera totalement ouvert et totalement amical, sans aucun esprit de revanche quelconque. Cela n’existe pas et ne fait pas partie de notre environnement.

Kitenews.fr : Quelles sont vos priorités à l’heure actuelle ?

Jean-Pierre Champion : Pouvoir délivrer des licences à ceux qui en voudraient dés demain, qui ne sont pas dans un club affilié à la Fédération. L’accueil des associations qui voudraient s’affilier à la Fédération, en mettant en place des procédures simplifiées. Cependant, aujourd’hui personne ne nous a transmis le moindre dossier sur l’existant, ni l’Etat ni la FFVL. Nous allons donc devoir découvrir… Nous pourrons également monter des réunions d’information pour les professionnels. Nous les recevrons et nous leur expliquerons comment on peut régler les problèmes d’affiliation pour les personnes morales, et faire bénéficier les personnes physiques des garanties d’assurance. Nous devrons également incorporer les championnats, notamment des jeunes, à nos compétitions existantes, et créer les autres championnats dans les différentes disciplines. Cela dit, pour se faire, nous devons discuter avec les pratiquants, afin qu’ils nous disent ce qu’ils souhaitent. Je ne peux pas vous donner toutes les réponses en 24h, cela voudrait dire que sans rencontrer personne, nous avons tout anticipé seuls. Or, nous avons la volonté d’échanger avec un maximum d’acteurs du kite. Je ne vois pas de difficulté majeure à résoudre, même si bien évidemment, l’organisation du haut niveau prendra un peu de temps. Vous savez, beaucoup de nos cadres connaissent bien la pratique du kite, et sont eux même des riders… Ce réseau va se développer, et j’espère que de nombreuses personnes viendront frapper à la porte de la Fédération pour collaborer avec nous !

 

Jeff Valet

One Comment

  • Répondre
    Jacques
    16 janvier 2017

    Merci Jeff pour cet interview très instructif. Il est évident que cette décision va régler l’aspect compétitions internationales qui était dans une impasse. Le plus important me semble toutefois ailleurs, la FFV ne semble pas avoir vraiment préparé son dossier et je m’interroge quand à leurs connaissances et compétences en regard de cette activité bien spécifique qui ne se gère pas comme une voile ce que semble ignorer JP Champion. Je me souviens de ce Figariste de renom avec plusieurs tours de monde en multi au compteur, excellent windsurfer mais qui a perdu connaissance la première fois qu’il a voulu faire décoller une aile, non ce n’est pas de la voile. La FFVL a fait le boulot de formation des cadres et je crains que 10 ans de travail vienne de partir en fumée 🙁