December 10, 2018

Bruno Legaignoux, l’inventeur de l’aile à structure gonflable, sort le 30 octobre son livre « Kitesurf : du rêve à la réalité » qui retrace plus de 30 ans d’histoire du kite depuis le 1er brevet en 1984 jusqu’à nos jours.

Dans ce livre, il nous raconte la genèse du kitesurf : « C’est l’histoire merveilleuse de la naissance d’un sport, que dis-je, d’un mode de vie, que j’ai souhaité vous relater. «  nous précise Bruno Legaignoux.

Bruno a également choisi 9 intervenants parmi ceux qui ont contribué à faire naitre et évoluer ce sport :

  • NEIL PRYDE, Fondateur du Groupe NeilPryde, leader mondial en windsurf, kitesurf, etc.
  • LAIRD HAMILTON, le plus célèbre waterman au monde
  • MIKE WALTZE, Waterman de légende, multiple champion du monde de windsurf, premier à surfer sur Jaws (Pe’ahi), pionnier en paddle, tow-in, kitesurf
  • LAURENT NESS, pionnier du kitesurf
  • DON MONTAGUE, célèbre designer, fondateur de Makani (avec Google) et développeur du kiteboat et du JetFoiler (Kai Concepts)
  • FRANZ OLRY, créateur du Twin Tip, la planche la plus utilisée au monde
  • PETE CABRINHA, célèbre waterman, leader mondial en kitesurf avec la marque Cabrinha
  • ROB DOUGLAS, multiple champion du monde de kitesurf de vitesse et multiple recordman du monde de vitesse sur l’eau toute catégorie
  • NICOLAS PARLIER, meilleur kitesurfeur au monde, catégorie « foil »
  • CHRISTOPHE MARTIN, fondateur et pionnier du handikite
  • LEIF LERICHE, promoteur du kitesurf comme vecteur d’émancipation sociale pour les jeunes de République Dominicaine.
  • DOMINIQUE LEGAIGNOUX, co-créateur du kitesurf avec son frère Bruno

Pendant plusieurs jours, nous vous dévoilerons en exclusivité dans kitenews.fr, les bonnes feuilles de ce livre. Aujourd’hui gros plan sur Manu Bertin, un des pionniers du kite. Dans ce livre Laird Hamilton et Mike Waltz nous expliquent que ce sont eux qui ont appris le kite à Manu et c’est Laird qui a demandé à Manu d’aller en France chercher une « Wipicat ». On peut constater en lisant ces quelques lignes que Manu ne s’est pas fait que des amis dans ce monde du kite ! Le site kitenews.fr est ouvert à Manu Bertin si ce dernier veut répondre à Mike, Laird ou Bruno.

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Laird Hamilton :

« Ce fut au tour de Manu Bertin de débarquer à Maui. On se connaissait grâce à la planche à voile de vitesse. J’ai proposé de lui apprendre à utiliser une aile à caissons. Avec mes copains, on avait déjà mis au point un système pour aider les gens à voler tout en étant attachés à un camion.

….

De mon côté, je cherchais – sans la trouver – une aile gonflable pour redécoller de l’eau. Manu avait repéré dans son pays, dans « le livre des inventions », l’existence d’une aile gonflable fonctionnant avec un catamaran gonflable. J’ai missionné Manu pour en trouver l’inventeur, car c’est ce qui nous manquait pour réussir : l’association planche + aile gonflable ! Le kitesurf, tout simplement ! »

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Mike Waltz :

« Un jour, au début des années 90 nous étions à Ho’okipa, Laird et moi lorsque nous aperçûmes un cerf-volant delta qui tractait un homme avec des skis nautiques et qui remontait au vent. Laird me dit : « il nous faut un truc comme ça ». Cet homme avec ses skis nautiques et son aile delta s’appelle Cory Roeseler.

Nous fréquentions un peu Manu Bertin à l’époque. Surtout Laird. C’est Laird et moi qui lui avions appris à faire du kitesurf avec des ailes à caissons.

La détermination de Laird pour trouver une autre aile plus aboutie était totale et son envie contagieuse, surtout sur Manu. Je suppose que ça lui a donné envie de chercher dans son pays ce qui existait.

Nos essais se sont révélés vraiment concluants. Il y avait tous les éléments pour la création d’un nouveau sport, nous en étions convaincus.

Manu sentait aussi le potentiel de cette aile. C’est lui qui avait les contacts avec les Legaignoux. Le partage d’informations s’est arrêté là, en même temps que l’amitié qui liait Laird et Manu. »

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Bruno Legaignoux :

« La première aile fournie à Bertin au printemps 1995 est équipée du système de contrôle dit Wipicat sans barre de pilotage. À Noirmoutiers il me demande un système plus proche du wishbone de la planche à voile. Je trouve un balai dans un placard et 10 minutes plus tard il a une magnifique barre 2-lignes ! Ça ne l’empêchera pas d’en revendiquer la paternité quelques années plus tard…

Le verdict tombe : horrible, Manu Bertin ne supporte pas l’idée d’être ainsi relié au harnais en permanence, avec un quick-release à déclencher en cas d’urgence. Il voudrait un système de type windsurf, qu’on puisse hooker et déhooker d’une simple traction de bras. Ça ne me paraît pas très pertinent mais pour le satisfaire, j’ai fait un premier proto rapidement, qui est encore aujourd’hui dans mon garage.

Cela n’empêcha pas Manu Bertin, bien des années plus tard, de revendiquer dans la presse l’invention de la barre 4-lignes, tout bonnement, et même de m’envoyer un Conseil en brevet pour en revendiquer la co-paternité. Conseil en brevet à qui j’ai demandé de me fournir au moins un élément de preuve et dont je n’ai plus jamais entendu parler.

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couverture BL

Pendant ce temps, Bertin nous apporte beaucoup, notamment au niveau des médias et des contacts mais il prend peu à peu la grosse tête et exige de nous des « garanties ». Au début, il était très heureux qu’on lui fournisse des kites gratuitement et de nous retourner l’ascenseur mais il commença à faire le calcul du prix estimatif de la couverture médiatique obtenue et à exiger une compensation alors que nous n’avions pas encore commencé à générer de l’argent.

Comme nous le découvrirons plus tard, Manu Bertin est quelqu’un de très spécial. À Hawaï, il avait verrouillé la diffusion de nos ailes, c’est-à-dire qu’il ne les donnait qu’avec parcimonie, à qui il voulait, privilégiant sa propre promotion. J’en obtins la confirmation le jour où Laird me téléphona en me priant de lui en fournir, mais comme j’avais un accord avec Bertin, je ne pus que le renvoyer à l’arbitrage de Pryde. Leur amitié n’y survivra pas.

Notre aile s’affiche en couverture pendant un mois et c’est le début du partage de notre invention avec le monde de la glisse. Le seul point négatif vient du discours médiatique invariable de Bertin sur ce nouveau sport destiné selon lui aux downwinds en ridant les vagues sans nécessité de remonter au vent. Mais Bertin est un électron libre. »

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Suite des bonnes feuilles dès demain sur kitenews.fr

Le livre de Bruno Legaignoux (320 pages + 32 pages de photos) est disponible au prix de 25€ aux éditions Altal.

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Réserver et acheter le livre de Bruno Legaignoux

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Jeff Valet

Jeff Valet

2 Comments

  • Répondre
    David
    26 octobre 2017

    Même 20 ans (30!) après, on reste dans des règlements de comptes qui endommagent la belle images de nos « Heroes » de la glisse en restant hélas bien de l’histoire du Kite. A croire qu’ils ne vont jamais passer au dessus de leurs revendications de paternités et continuent d’oublier volontiers une partie de la grande histoire du cerf volant qui tractait des Chinois sur des troncs d’arbres pour traverser des rivières ou que la voile à boudins gonflables était utilisée par l’armée américaine dans les années 60.
    L’histoire de wipika, qui en résumé à elle seule est à l’origine de notre sport moderne, est déjà très belle, mais elle le serait plus encore si elle était raconté avec moins d’orgueil.

  • Répondre
    David
    26 octobre 2017

    Même 20 ans (30!) après, on reste dans des règlements de comptes qui endommagent la belle images de nos « Heroes » de la glisse en restant hélas bien loin de l’histoire du Kite. A croire qu’ils ne vont jamais passer au dessus de leurs revendications de paternités et continuent d’oublier volontiers une partie de la grande histoire du cerf volant qui tractait des Chinois sur des troncs d’arbres pour traverser des rivières ou que la voile à boudins gonflables était utilisée par l’armée américaine dans les années 60.
    L’histoire de wipika, qui en résumé à elle seule est à l’origine de notre sport moderne, est déjà très belle, mais elle le serait plus encore si elle était raconté avec moins d’orgueil.