Retour sur le « strick »  d’Alex au SKM, champion de France 2014, winner de la Mood race & du World SnowKiteMasters. Comment en est-il arrivé là ? D’où vient-il ? Sa préparation, ses conseils, vous saurez tout !!

Retrouvez en fin d’itw un petit cadeau d’Alex, une vidéo, nature peinture comme on les aime chez kitenews.fr.  En image avec son smile et son funky spirit légendaire, entrainements, crashs, le meilleur du pire !

 

Kitenews : Alex, on va commencer en guise de présentation par une courte biographie, pour ceux qui ne te connaissent pas encore, ou pour en savoir encore un peu plus sur toi. Dis-nous tout !

Lieu naissance : Paris

Ville actuelle : Col du Lautaret l’hiver, l’île de Ré l’été …

Ton travail : Indépendant consultant et moniteur de sport sur le papier. En gros je suis entraîneur et moniteur de kite professionnel sur neige (Kitelegende) et eau (PhiL OVent) et aussi maître nageur, moniteur de voile, et préparateur physique…

KN : Comment as-tu commencé le kite?

Avec un pote de fac (Mehdi) qui faisait de la planche à voile comme moi on a commencé sur les terrains d’Île de France où se retrouvaient les cerf volantistes et amateurs de modélisme: Bagatelle, Vincennes, Dugny et plus tard Bondoufle.

KN : Quels conseils donnerais–tu à un débutant ?

Alors les gars, OUI vous y arriverez tout seul en achetant votre kite à Décathlon mais pas sans risque et après combien de temps? Aujourd’hui la plupart des écoles, en tout cas la mienne, assurent des cours avec suffisamment de vent et dans de bonnes conditions pour obtenir des résultats presque à 100%. En 3 séances vous aurez des bases et en une dizaine de jours vous serez vraiment autonomes.

Pour les filles, qui veulent débuter n’ayez pas d’a priori, tout va bien se passer par contre si c’est votre copain kiteur qui vous a offert le stage, que ça vous botte qu’à moitié et que vous le faites pour faire plaisir à votre bien aimé dites le a votre moniteur, votre stage s’en passera d’autant mieux.

KN : Kitesurf, mountainboard, snowkite, est-ce qu’il t’arrive de ne rien faire ?

Et non, au boulot comme au travail la vie est plus belle avec un kite au dessus de la tête. Le plus dur c’est d’arriver à faire la part des choses entre entrainement, session plaisir et travail.

KN : Quel support préfères-tu ?

J’aime beaucoup le mountainboard pour son côté freeride et parce que c’est comme ça que j’ai commencé. L’eau est un élément dont j’ai du mal à me passer et j’avoue que mes home-spots de l’été sur l’île de Ré me permettent de naviguer tous les jours tantôt en vague, tantôt en freestyle ou tout simplement en balade. Mais c’est sans hésiter que le ski kite est mon support préféré. En snowboard aussi mais les possibilités et l’assurance de rider en ski kite sont proche de 100%. Monter, slalomer, voler, sauter, tourner et aussi se déplacer avec sa maison dans une luge derrière, c’est la liberté.

KN : Niveau sensations ça donne quoi ?

Les déplacements à pied dans la neige sont souvent difficiles, ski de rando, raquettes… L’altitude, le froid, les appuis trompeurs sont autant de facteurs qui accélèrent la sensation de fatigue et d’essoufflement. En snowkite tout devient facile sur des terrains très accidentés et fortement pentus où rien ni personne sans engin motorisé ne peut se déplacer aussi vite et en tractant des charges. C’est juste parfait d’être proche de la nature quelque soit le support et d’essayer de la comprendre sur chaque spot pour en tirer le meilleur. Adrénaline, liberté, plaisir et bonne fatigue sont les sensations du snowkite.

Alex ROBIN

Alex ROBIN & Kite Unit

KN : Tu penses faire ça toute ta vie ? Qu’aimerais-tu faire après ?

La compétition n’est clairement pas suffisante pour vivre de notre sport. Mais le jour où j’ai kité la première fois sur la neige à Fond d’Urle je me suis dit que ma vie allait tourner autour de ce truc de fou. Du coup, j’amorce doucement ma reconversion en tant qu’entraîneur professionnel sur les 3 supports. Bien que j’ai encore mon mot à dire sur les courses et épreuves de vagues, j’ai passé le DEJEPS et le BPJEPS en accéléré pour continuer ce qui a été mis en place par Kite UNiT depuis 2010.

KN : Qu’est-ce qui te donnes davantage de satisfaction, dépasser le rival ou te surpasser toi même?

Depuis 2008 que je fais ce SKM et dans d’autres compétitions j’ai toujours voulu donner le meilleur et me surpasser quitte à tenter de nouvelles figures pendant un heat. Aujourd’hui en compétition j’essaie plus de répondre à des critères, de montrer un répertoire complet et propre (oldschool, new school, slider).
Pour te répondre j’aime me dépasser mais hors compétition, sinon en compétition je suis convaincu qu’il faut assurer et se concentrer sur son run.

KN : Menu du jour en compet, tu arrives à manger équilibré ?

Alors c’est toujours dur de bien se nourrir sur les événements de ce type donc c’est clair que petit déjeuner, et dîner sont fondamentaux. Un sandwich dans le sac pour le midi au cas ou les organisateurs auraient un problème et des fruits secs et du chocolat pour faire passer le temps et partager avec les copains.

KN : 3 titres remportés au SKM, c’est beaucoup d’entrainement en amont ?

J’ai beaucoup bossé ces derniers mois et peu ridé, mais une semaine avant le SnowKiteMaster je me suis mis en vacances pour entraîner un petit collectif de kite unit participant à la compet. Et puis faut croire que de passer une année à écouter Laurent Rumen en cours ça marche aussi. Et OUI préparateur physique de métier et un des premiers diplômes DEJEPS ça aide aussi à optimiser sa performance. A force de donner des conseils et d’essayer de montrer l’exemple bien ça paye. On a eu des conditions exceptionnelles et on a pu tester notre matos de course et élaborer nos heats en freestyle. Les jeunes ont beaucoup progressé et moi aussi.

KN : Comment contrôles- tu les pensées négatives après une erreur ?

Je pars du principe que dans la vie tout ce qui t’arrive à une cause et une conséquence qui est forcément positive. Et quand par exemple lors de la finale contre Anton je sais que je passe mais que les juges nous font faire la super finale, je suis déçu, en colère même. Je vais le faire savoir au comité de course mais en y réfléchissant bien, j’avais surement laissé trop de doute. Du coup j’entame la super finale déterminé à mieux faire malgré la fatigue et les émotions, concentré je replaque tout en envoyant moins gros et ça paye.

KN : As-tu subi d’importantes lésions? Comment maintiens-tu le moral pendant la récupération ?

Je me suis rompu les croisés antérieurs des deux genoux en roller dans la rampe de Balard et aux Tignes Airwaves (l’avant Winter XGames) sur un 54 sur le gros kicker. J’ai beaucoup travaillé sur cette pathologie l’ayant étudiée pendant deux ans de Master à Grenoble. J’ai attendu quelques années avant de me faire opérer vu que c’était mon job de préparer les sportifs pros à retarder leurs opérations. Vous en saurez plus sur un site qui mériterait une petite mise à jour mais d’ors et déjà les kiteurs blessés et les non blessés y trouveront les raisons de ce mal dans notre sport.

KN : Je t’ai vu souvent avec des écouteurs dans les oreilles sur le spot, même en pleine action… Oreillette pour communiquer ou pour écouter du son ?

Et oui c’est une déformation professionnelle, j’ai à gauche le portable et à droite la radio pour communiquer avec toute l’équipe KiTe UniT: les coureurs, les photographes et caméramans et aussi pour la logistique grâce à l’aide de Nicolas Lelarge et de son stand Flysurfer suréquipé pour toute la team.

KN : Double casquette sur cet évent, rider/coach, quelle est la difficulté ?

Comme je l’explique au dessus je pense que c’est cette double casquette qui m’a permis d’en arriver là, par contre c’est de l’organisation. Comme on se connait bien maintenant avec les jeunes je pense savoir quand ils ont besoin de moi et ce dont chacun à besoin. (Réconfort, motivation, concentration…)

KN : Parles-nous un peu de ton Team, et des jeunes que tu pousses vers l’Excellence…

Bien le but du jeu est d’accompagner les jeunes riders (et les moins jeunes) dans le monde du kite, plan de carrière, préparation physique, choix des compétitions, partenariat avec les marques, et l’établissement d’objectifs précis et réalistes.

Le fait de se regrouper et de mutualiser nos forces bien que dispersées un peu partout en France nous permet de réduire les coûts de nos trips, de nos entraînements et de partager nos expériences pour rendre le collectif meilleur. Et puis en dehors du kite pendant ces stages on s’amuse bien, pour en savoir plus il suffit de regarder les vidéos des stages précédents sur kite-unit.com

KN : Combien êtes-vous dans ton Team ?

L’équipe KiTe UNiT regroupe une cinquantaine de personnes toutes impliquées à leurs manières, rider, distributeur, moniteur, graphiste, cameraman, photographe… et je big up tout le monde d’ailleurs parce que sans eux le projet n’est rien.

Sinon sur l’entraînement et la compétition pur et dur en 2014, nous sommes 6 compétiteurs inscris au championnats de France sur tous les supports dans le but de préparer des épreuves internationales et s’entraîner sous forme de stages.

KN : Quels autres sports ou compétitions suis-tu de près ?

Le ski freestyle et notamment le Freeski projects. La bande à Kevin Rolland part aux JO sous la responsabilité de Greg Guenet et ça va envoyer !!
La ligue Magnus en hockey sur glace et la L1 en football pour avoir passé 6 mois au LOSC en tant que préparateur physique ça m’arrive de suivre certains joueurs.

Alex Robin Alexrobin.com Le genou du kiteur Kite UNIT

 

En exclu pour kitenews.fr


 

 

 

 

Christophe Salvaing

Christophe Salvaing

One Comment

  • Répondre
    8 janvier 2015

    Bon ben c’est pas gagné (vidéo) ! 🙂 Bon courage mon ami…