September 22, 2017

Les Championnats de France Freestyle 2015 se sont refermés depuis quelques jours à Dunkerque, avec les sacres d’Antoine Fermon et Marine Duprat en seniors, et de Nicolas Delmas et Anaïs Mai Desjardins en juniors. Anaïs Mai Desjardins intégrera d’ailleurs à la rentrée la Section Sportive Scolaire EuropeKite à Dunkerque, qui bénéficie du soutien inconditionnel de Takoon. Eric Watrin, entraîneur national FFVL et créateur de ce premier sports-études kitesurf en France, nous en fait la présentation. Interview !

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Championnat de France Freestyle 2015 : Antoine Fermon et Marine Duprat vainqueurs !

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Kitenews.fr : Qu’est ce qui a conduit à la création de la section sport-études ?

Eric Watrin : L’aventure a débuté en 2004, via Florent Caulier, Jean-François Florent et moi-même. Enseignants d’EPS et passionnés de kitesurf, nous nous sommes questionnés sur la manière de faire rentrer le kite à l’école. En 2006, nous avons créé le premier centre d’entraînement national UNSS dédié à la discipline, avec plus de 50 inscrits venant pratiquer le mercredi après-midi. La Fédération Française de Vol Libre (FFVL) a immédiatement épaulé nos actions quant au développement du kite chez les jeunes. Suite logique à ce centre UNSS, j’ai tenté de monter une section sportive scolaire, avec trois années de demandes officielles et un dossier pointu sur les plus-values d’une telle section et les garanties de sécurité. En 2011, une section a donc ouvert au Lycée de l’Europe de Dunkerque, et accueille depuis des élèves souhaitant conjuguer réussite scolaire et performances sportives. Ce double projet est la philosophie centrale de la section.

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Eric Watrin et ses jeunes protégées de la Section Sportive Scolaire EuropeKite à Dunkerque

Eric Watrin et ses jeunes protégées de la Section Sportive Scolaire EuropeKite à Dunkerque (Photo EuropeKite)

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Kitenews.fr : Combien d’élèves sont actuellement intégrés à cette section scolaire sportive ?

Eric Watrin : La section compte actuellement 24 élèves, répartis en 3 niveaux : 8 élèves en seconde, 8 en première et 8 en terminale. Une sélection se fait sur dossier scolaire à l’entrée de seconde, et j’apporte également mon regard sur les motivations de chaque postulant. Je classe les élèves en trois catégories : les riders de très bon niveau souhaitant intégrer le Pôle Espoirs Kitesurf de Dunkerque (créé dans la foulée de la section), les riders souhaitant s’aguerrir à la pratique et participer à la vie locale (en devenant bénévole de club, moniteur fédéral ou passer un BP), mais aussi les débutants. Ceci afin de permettre à tout jeune motivé de réaliser une formation de 3 années dans le kitesurf.

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Thomas Lantoin, élève de la section Sportive Scolaire de Dunkerque, lors du Cabrinha Big Air contest

Thomas Lantoin, de la Section Sportive Scolaire de Dunkerque, était aux Championnat de France Freestyle

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Kitenews.fr : Quelle est concrètement la répartition entre cours et pratique du kitesurf ?

Eric Watrin : Un élève intégrant la section scolaire sportive a, dans son emploi du temps, trois heures (une demi-journée) libérées dans la semaine, et dédiées à l’encadrement du kite. A ceci s’ajoutent trois heures libérées le mercredi après-midi pour certains, dans le cadre de l’UNSS, et trois heures pour d’autres dans le cadre du Pôle Espoirs Kitesurf. Le mercredi, des groupes de niveaux sont donc faits afin que l’enseignement soit plus efficace. Il y a trois ans, j’ai mis en place une expérimentation afin de sortir les élèves de cours, dés que le vent et les conditions sont optimales et qui se poursuit depuis. Ils sortent de cours puis reviennent après leur entraînement. Cela s’accompagne d’une obligation pour eux : être irréprochables au niveau scolaire, et conjuguer motivation et sérieux dans leur travail personnel. Les élèves de la section doivent montrer aux enseignants que ce système n’est pas un obstacle à leur réussite scolaire.

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Antoine Fermon Anais Mai Desjardins Championnat de France Freestyle 2015

Antoine Fermon et Anais Mai Desjardins vainqueurs des « France »

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Kitenews.fr : Et combien de riders étaient présents au Championnat de France Freestyle ?

Eric Watrin : Chez les juniors filles, il y avait Anaïs Mai Desjardins (championne de France de la catégorie, qui intégrera à la rentrée la section sportive scolaire) et Colleen Falempin (troisième), qui ont montré des choses très intéressantes. En juniors garçons, la section était représentée par Thomas Lantoin (6e), Victor Deblock (7e), Killian Martineau (13e) et Théo Fermon (17e), qui intégrera bientôt la structure (il n’a que 13 ans). En seniors, nous n’avions logiquement personne, mais Antoine Fermon (champion de France) est un ancien de la Section Sportive Scolaire du Lycée de l’Europe, tout comme Julien Leleu (blessé).

Kitenews : Fixes-tu des objectifs sportifs aux élèves de la section ?

Eric Watrin : Tout à fait, les jeunes passent deux entretiens en intégrant la section, afin d’étudier leur motivation mais aussi de fixer leurs objectifs à atteindre sur la première, la deuxième et la troisième année. Pour les compétiteurs, nous nous projetons au niveau national, européen et bien sûr international. Cela va donc d’un titre UNSS à un titre de champion de France Freestyle ou landkite, en passant par la Coupe d’Europe Junior et le VKWC. Concernant Anaïs, nous la ferons bénéficier d’un gros travail de préparation mentale, car elle est assez jeune et vit ses toutes premières compétitions. Son objectif sportif 2016 sera un Top 3 en Coupe d’Europe Junior. Killian Martineau progresse et prend confiance dans les tricks de base, son objectif sera le Top 5 Européen en 2016, afin de viser le podium en 2017.

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Victor Deblock, élève de la section Sportive Scolaire de Dunkerque aux Championnats de France Freestyle 2015

Victor Deblock, élève de la Section Sportive Scolaire, lors des Championnats de France Freestyle 2015

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Kitenews : Comment as-tu vécu les sacres d’Antoine Fermon et Anaïs Mai Desjardins ?

Eric Watrin : C’est une grande satisfaction pour eux, les athlètes et leurs parents s’investissent beaucoup dans la pratique. Ce qui est déterminant, c’est le volume d’heures dans l’année consacrées au kitesurf, en moyenne 120 à 150 sorties par an. Les parents doivent être mobilisés pendant les vacances, les riders aussi… C’est donc un bel accomplissement pour Antoine et Anaïs. D’un point de vue personnel, un enseignant-éducateur est bien entendu toujours heureux lorsqu’un de ses riders brille. Cela montre que le dispositif en place est efficace, on peut l’améliorer mais il permet de valider un certain savoir-faire.

Kitenews.fr : De gros efforts sont faits pour la formation des jeunes…

Eric Watrin : La Fédération Française de Vol Libre et nos structures régionales mettent l’accent sur une formation anticipée des jeunes sportifs, afin de les préparer au mieux à une dure réalité. A savoir gérer au mieux son corps et sa vie de compétiteur, tout en assurant son avenir professionnel. L’enjeu est là : créer un dispositif performant, efficace quant à la formation des jeunes.

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Anais Mai Desjardins et Colleen Falempin au Championnat de France Freestyle 2015

Anais Mai Desjardins et Colleen Falempin au Championnat de France Freestyle 2015 (Photo Kitenews.fr)

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Kitenews.fr : Quels sont les prochains objectifs de développement ?

Eric Watrin : Aujourd’hui, la section est au cœur d’un dispositif : un Lycée, en lien avec un Pôle Espoirs, en lien avec un club fort (le Dunkerque Flysurfing Club). L’idée est de renforcer ce maillage pour que nous continuions à assurer une formation optimale, tant du point de vue scolaire que sportif. Nous souhaitons développer le format course en plus du freestyle, au sein de nos structures. D’autre part, nous avons comme projet de créer une spécialisation STAPS à l’Université du Littoral Côte d’Opale, afin d’offrir une suite à la formation existant actuellement.

Kitenews.fr : Que voudrais-tu dire aux jeunes kitesurfeurs intéressés par ta section ?

Eric Watrin : Engagez-vous totalement et entièrement vers le kite, sans négliger le paramètre scolaire ou le sportif. Postulez à nos entretiens et à nos sélections, en continuant à pratiquer au sein des différentes structures régionales. Ne pratiquez pas seul, adressez-vous à des professionnels pour recevoir de bons conseils et de bonnes orientations. Pensez à l’hydratation, aux étirements, à l’échauffement… Considérez le kite non seulement comme une pratique fun, mais aussi comme un sport à part entière, avec des exigences de préparation. Et surtout, gardez toujours plaisir à naviguer !

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nicolas arquin

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